22 août 2008
Les savoureuses Brushettas au chèvre et au thym d'une femme, pas au foyer, pas mariée, pas (encore) désespérée...
J'attaque directement, accrochez-vous bien...
Peut-on être heureux en étant marié ?
Très étrange, cette question, puisque le jour de notre mariage est censé être le plus beau de notre vie.
Et pourtant…
Pourquoi tant de gens hésitent à franchir le pas ?
Ca y est, j’en vois qui vont prendre ça pour eux. Non, mon cœur, n’y vois aucune allusion quelconque à cette discussion que nous avons eu l’autre jour, hein ! Hum.
Bon, après tout, c’est vrai que de nos jours, la vie maritale (vous savez, tous ces jeunes (ou moins jeunes d’ailleurs) qui vivent dans le pécher d’une union libre, ouh les chenapans !) ne donne plus vraiment de raisons de franchir le cap.
Sauf pour les gens très religieux (ou pour leurs familles à cheval sur les principes).
Ou pour la jolie robe.
Ou pour payer moins d’impôts (surtout pour payer moins d’impôts en fait).
eleillustrations.blogspot.com
Bon, c’est vrai que le mariage n’est plus une délivrance : Mesdames, on peut dormir avec un monsieur sans être forcément mariée (et craindre d’aller en enfer) ou quitter ses parents pour vivre seule sans risquer de se faire gentiment traiter de vilaine dévergondée...
Mais bon, c’est quand même un engagement qui rassure, non ?
Non ?
Vous avez peur du divorce, alors. C’est ça, hein ?
Meuh non, y faut pas...
C’est marrant un divorce (y paraît). Comment ça, vous n’êtes pas au courant ?
Vraiment, vous, alors. Heureusement que je suis là pour vous ouvrir les yeux sur notre époque, hein.
Bon alors, sachez que la nouvelle tendance, c’est de fêter son divorce comme on fêterait son enterrement de vie de jeune fille.
Certains Français - surtout des Françaises - célèbrent leur séparation entre amis ou en grande pompe. Champagne et petits fours. Si.
Mais attention, c’est pas aussi glauque que ça en a l’air surtout.
Nooon, malheureuse ! N’allez pas vous imaginer voir ici un aspect encore plus navrant que l’inexorable perte des valeurs morales de notre société !
Vous vous fourvoyez. Vous n’êtes vraiment pas moderne, vous, dites !
Lors de ces soirées festives se fait rarement l'éloge de la séparation. Ouf, que vous pensez. C’est l’éloge de la libération. Youpi.
C’est nouveau, c’est la Divorce Party.
Avec champagne, musique et danses endiablées.
En France, 1 mariage sur 3 se termine par une séparation, et 1 sur 2, en grande agglomération. Encore plus d’occasions de faire la fête alors !
Parce qu'on hésite moins à franchir le pas, et aussi parce que, depuis 2004, la procédure de divorce a été simplifiée afin de ne pas encombrer davantage les tribunaux qui croulaient sous les dossiers de ce genre, la séparation devient un "rituel", pratiquement aussi répandu qu'une naissance ou un mariage.
Et puis, les divorces interviennent de plus en plus tôt.
Parce que les mariages durent de moins en moins longtemps.
Il paraît que le nombre de divorces prononcés après moins de 3 ans de mariage ont augmenté de 50 % entre 1998 et 2003.
Plus jeunes, mieux dans leur peau, il est donc logique que les divorcés d'aujourd'hui aient, plus que dans le passé, tendance à fêter leur désunion. Surtout que les Etats-Unis ont, depuis plusieurs années, lancé la tendance !
Et comme tout ce que font les Etats-Unis, nous, on copie (avec quelques apothéoses comme l’obésité, la guerre et le hamburger), la divorce-party ne déroge pas à la règle. Merci, Oncle Sam !
Alors au programme : cocktails à gogo pour noyer ses souvenirs, découpage des chemises de Monsieur, visionnage en boucle de films adéquats (« La Guerre des Rose » ou autres comédies conjugales), et parfois simulation vaudou sur des poupées à l’effigie de l’ex-mari. Que de réjouissances en perspectives…
Encore mieux, attendez, vous n’avez pas tout vu encore !
Il fallait bien que ça rapporte un peu, ce business là. Sinon, ça ne serait pas marrant. Pas autant du moins.
Donc, certains professionnels de l’événementiel ont su flairer la bonne idée et ont apporté une touche de glamour à ce rite. On oublie le côté vengeur et les sentiments négatifs.
De l’envoi des invitations à la location d’un lieu trendy, en passant par la présence de strip-teaseurs et la liste de cadeaux pour refaire sa vie, ces organisateurs de soirées s’occupent de tout.
Bref, de là à dire qu’on peut s’amuser davantage à sa Divorce-Party qu’à son mariage, il n’y a qu’un pas.
Qu’on franchira bien sûr.
A notre mariage, on n’avait pas John-Brandon pour nous faire un streap-tease intégral (y’avait bien l’oncle Bob qui avait tenté un arrachage de tee-shirt pendant que la sono crachait « tomber la chemise », mais il avait fini par renoncer tonton, le coton s’étant avéré plus fort que lui).
Bon, si on se lance dans un débat pseudo-psycholo-philosophique, on peut imaginer que si les divorce-parties prospèrent, aux Etats-Unis comme chez nous, c'est aussi en réponse au mot d'ordre en vigueur dans notre société : bonheur obligatoire. Interdiction de broyer du noir, c’est pas très hype.
On vit dans une société qui nous pousse à tout positiver. Nous n’avons plus le droit d’être des victimes, nous devons être des gagnantes.
On en revient à ce que je disais plus haut : depuis un certain temps, le mariage est considéré comme une contrainte, un lieu de compromis. On idéalise donc la rupture, synonyme désormais de liberté retrouvée. Et donc de pouvoir sur sa vie.
A moins que… A moins qu’on essaye de nous le faire croire.
Ben oui, avec tous ces sites de rencontre qui prospèrent, on supposerait plutôt que la plupart des célibataires ne souhaitent pas forcément le rester trop longtemps…
Nous prendrait-on pour des quiches ?
Déni de l’individu, culte de l’apparence et pouvoir du regard de l’autre, quand tu nous tiens…
Allez, pour vous éclater entre copines à votre divorce-party, voici une recette toute simple mais savoureuse idéale pour un buffet apéritif über hype!
Brushettas au chèvre et au thym
Couper un pain de campagne frais en tranches d'environ 2cm d'épaisseur.
Déposer les tranches sur un plat allant au four. Les frotter d'ail et arroser d'un filet d'huile d'olive.
Couper une tomate en tranches rondes. Déposer deux tranches de tomates et une rondelle de fromage de chèvre sur chaque brushetta. Saupoudrer de thym, saler, poivrer.
Remettre un trait d'huile d'olive, et finir en plantant au centre un pique pour maintenir le tout.
Passer au four chauffé à 180°C environ 5mn, jusqu'à ce que le fromage commence à fondre...
Servir chaud!
21 août 2008
Beignets Catalans et patchwork nostalgique de vacances au Pastis... Avec modération!
Bon, c’est sur, je suis de retour de vacances : il pleut, il fait (plutôt) froid, j’ai passé la journée au boulot (c’est désert d’ailleurs…). Bref, les boules, quoi.
Y'a plus que le fond d'écran pour s'évader un peu au grand air...
Et de me poser cette question existentielle (attention, j’ouvre le débat philosophique)…
A quoi ça sert de faire la crêpe sur la plage (recto/verso) pour peaufiner son bronzage si au bout d’une semaine au bureau on ressemble davantage à une Danette vanille qu’à une crème Catalane au caramel ?
Hein, à quoi ça sert ?
Bon, on va dire que c’est bon pour le moral quand même, un peu de rayons UV sur les fesses ! ;-)
On revient chargé à bloc… (Et encore plus dégoûtés de devoir se relever tôt le matin)
Mais bon, au moins, on aura profité d’un peu de temps libre pour lire, pour dormir, pour se retrouver en famille ou entre amis…
« Allez, l’apéro ! » (comme le dirait un certain Patrick Chirac fort connu des campeurs…)
L’été, c’est marrant, il y a les campeurs qui troquent leur costume-cravate contre la panoplie, fort seyante certes, tongs/short/débardeur/bob Ricard/boules dans la main (de pétanque, précisons bien)…
Relâche totale, détente complète, on ne se lave même plus (à quoi ça sert ? Y’a la mer !) et on a une excuse en or pour prendre le pastis (« je crois qu’un peu d’eau bien fraîche me ferra du bien, il fait chaud. Tiens, et si j’ajoutais un peu d’anis pour digérer les moules de midi ?)
Boire un petit coup c’est agréable, boire un petit coup c’est doux (hips !)
Pour les amateurs de soirées dansantes enflammées, vous dénicherez au camping du bout de la rue LE deejay incontournable, celui qui fait tourner les têtes des campeuses en petites robes fluos et enrager leurs maris en tee-shirt Pastis 51 (très classe, jaune et bleu) : Pablo Gambas (et ses crevettes)
Bilan : Vous êtes tout bronzés… Mais un peu fatigués… Avec pleins de copains.
Qu’est-ce qu’on s’éclate ! A la One Again, non ?
Attendez ! C’est pas fini !
Le camping c’est pas votre truc ?
Vous êtes plutôt petit studio en bord de mer ?
Pas de problème !
Là encore, vous aurez droit à l’apéro, mais entre vous seulement… J’espère que vous n’êtes pas partis à 2, parce que pour partager le Pastaga c’est bien moins convivial… Tous seuls…
Par contre, vous dormez super bien. Dans un vrai lit et tout. Vous êtes fort aise…
Sauf que vous, vous allez faire la sieste à l’abri de votre petit pied à terre, dans votre lit tout confort… Même pas dans un transat ou sur la plage (fait trop chaud ! Tiens, un peu d’eau avec des glaçons pour se rafraîchir… Avec un peu d’anis aussi, pour faire passer les merguez de midi ?)
Réveil à 16H30, prêt à aller à la plage…
Pfff, c’est trop loin la plage…
Allez, on reste là aujourd’hui… On est bien devant la télé…
Bilan : vous êtes tout blanc… Drôlement reposés… Et tous seuls… Mais vous aurez vu tous les "Columbo" rediffusés sur TF1 à 15H.
Avec un peu de chance, vous aurez quand même passé deux ou trois soirées sympas sur la place du village, avec LA sono la plus branchée du coin (qui vous passera la totale de Claude François et même du Patrick Sébastien si vous êtes sage)…
Bref…
C’est trop bien les vacances !
Plus besoin de se la jouer « chuis trop sérieux chuis trop de la classe »…
Nous, on a fait les deux… camping avec les beaux-parents, studio avec les parents (et les petites nièces)…
Petit patchwork, nostalgie… Encore un an à attendre... Et on y retournera peut-être…
Restons encore un peu au soleil... Et la tête en vacances...
Des beignets catalans à la crème, ça vous dit?
Pour les beignets:
Temps de levée : 3h pour les beignets
- 1 sachet de levure de boulangerie traditionnelle Vahiné
- 10 cl de lait
- 1 oeuf
- 150g de farine
- 50g de sucre semoule
- 1 pincée de sel
- 10 cl de bière blonde
- 2 cuillères à soupe d'huile d'arachide
Pour la crème pâtissière:
- 4 oeufs (200 g)
- 500 g de lait écrémé
- 50 g de farine ou Maïzena
- 25 g de vanille
- 125 g de sucre en poudre
Délayez la levure de boulangerie dans le lait tiède.
Laissez reposer 20 mn.
Cassez l'oeuf en séparant le blanc du jaune.
Réservez-le dans une terrine.
Faites un puits au centre de la farine et ajoutez le jaune d'oeuf, la moitié du sucre, le sel, la bière, l'huile et le mélange lait-levure.
Mélangez au fouet jusqu'à ce que la pâte soit lisse.
Couvrez d'un linge et laissez gonfler dans un endroit tiède 3h environ.
Au bout de ce temps, travaillez la pâte au fouet comme la première fois.
Fouettez le blanc d'oeuf en neige ferme puis ajoutez le reste de sucre, sans cesser de battre jusqu'à ce qu'il soit lisse et brillant. Incorporez le blanc à la pâte.
Faites chauffer l'huile dans une bassine à friture.
Lorsqu'elle est bien chaude, plongez-y la pâte de façon à former des beignets relativement allongés.
Laissez cuire les beignets 3 mn environ, en les retournant avec une écumoire.
Egouttez les beignets sur du papier absorbant.
Mettre le lait à chauffer dans une casserole.
Pendant ce temps, dans plat, disposer les oeufs, le sucre, faire une mousse, rajouter la farine, la vanille, bien mélanger pour obtenir une préparation homogène.
Lorsque le lait est chaud, le verser doucement sur la préparation afin que les oeufs ne cuisent pas.
Remettre toute la préparation dans la casserole et remuer jusqu'à obtension d'une crème.
Couper les beignets en deux dans la longueur, les fourrer de crème et refermer. Saupoudrer de sucre et... déguster!
17 août 2008
Lolita Pille chez Ruquier, ou la "souffrance" de vivre une vie sans danger...
..
Lolita Pille chez Ruquier (24 mai)
J'adore lire.
C'est plus qu'une passion, c'est un échappatoire pour moi.
Je me fonds dans mes livres, quitte à parfois avoir le sentiment de vivre un peu de façon abstraite mon quotidien. Je rêve, je suis dans ma bulle, dans mon monde à moi sans personne autour.
Je m'ouvre au monde en me mettant en retrait du monde.
Avec un livre entre les mains.
Très ambigü tout ça, non? ;-)
D'ailleurs, au grand dam de Monsieur qui aimerait un peu plus d'espace, notre bureau est (légèrement) envahi par deux grandes bibliothèques:
Sans compter celle du salon (qui accueille d'ailleurs tous mes précieux livres de cuisine)...
Bref, j'essaye de découvrir en permanence de nouveaux auteurs dont le style pourrait me plaire, me correspondre... Et enrichir ma précieuse collection!
Et là, je dois dire que que suis tombée sous le charme hier soir.
Je suis fan! Répartie et désenchantement. Engagée et désabusée. Superbe!
Et je n'ai plus qu'une envie: dénicher au plus vite l'un de ses bouquins...
La connaissez-vous? Qu'en pensez-vous?
15 août 2008
Le bonheur ou comment de faire plaisir avec une bête sauvage qui mord...
Il en faut peu pour être heureux.
Et oui, me revoici en pleine vague philosophique, à sortir de grandes phrases vachement profondes. C'est certainement un effet de mon attachement profond aux grandes questions de l'histoire humaine, à la profondeur de la pensée Freudienne (qui verrait d'ailleurs, dans la tournure de ma phrase, une incitation honteuse à une perversion refoulée de phantasmes pénétrants)...
Ou alors, c'est juste que je viens de me remémorer le cultissime DVD du "Livre de la Jungle" de Walt Disney. C'est moins profond tout à coup...
Et pourtant, quel chef d'oeuvre! On ne se lasse pas d'un bon Walt Disney, n'ayons pas peur de l'avouer tout de même!
Ah, vous voyez, vous êtes d'accord.
Ne me dites pas que vous n'avez pas encore des montées de délectation rien qu'en mettant "pour lui faire plaisir" un Cendrillon ou autre Blanche-Neige à votre petite dernière... Qui voudrait quant à elle que vous lui achetiez plutôt une DS ou une WII, que tous ses copains ont déjà...
Coquine.
Je dirais rien, promis.
N'empêche que c'est vrai.
Qu'il en faut peu pour être heureux.
Un sourire, une gentille attention, un rayon de soleil, du sable délicieusement chaud sous les pieds, une bonne glace à l'italienne en famille...
Ben moi, en ce moment, ce qui me rend vraiment, mais alors vraiment heureuse, c'est mon alligator.
Comment ça, "n'importe quoi?"
Si, mon alligator je l'adore.
...
Meuh non, vous alors!
Pas cet alligator là enfin!
Pfff...
Celui-là:
C'est mon nouveau joujou!
Le principe est très simple: une grille, un support, et en deux secondes vous obtenez un découpage de l'aliment de votre choix en tous petits dés, à la manière d'un tartare.
(Si vous avez vu "Resident Evil 1", vous voyez très bien comment ça marche)
En deux temps, trois mouvements (même pas), hop, c'est coupé, y'a plus qu'à rassembler joliment au cercle dans une assiette et taddaaaa! C'est trop beau, c'est trop bon, c'est juste indispensable!
Du coup, maintenant je fais des tartares de crudités à toutes les sauces... Et croyez le ou non, Monsieur mange enfin des légumes sans rechigner! (C'est meilleur quand c'est coupé tout petit petit... Y paraît).
Mouaih.
C'est juste que c'est rigolo présenté comme ça!
Alors d'une pierre deux coups, j'ai enfin trouvé un moyen de lui faire manger aussi davantage de fruits!
Tiens, au fait, pourquoi y'avait pas d'alligator dans "le livre de la jungle"? Dommage...
Tartare de pêches et framboises compotées au Muscat
Pour 2 personnes:
1/2 verre de muscat
Quatre cuillères à soupe de sucre
1 barquette de framboises
2 pêches
Faire un sirop, dans une casserole, avec le sucre et le muscat (laisser à petits bouillons pendant environ 5 minutes). Plonger alors les framboises dans le sirop, mélanger et retirer du feu. Laisser refroidir.
Décoper les pêches en deux, puis chaque moitié encore en deux. Passer les morceau à l'alligator.
Mélanger les dés de pêches et les framboises préalablement égouttées et écrasées (grossièrement). Monter au cercle dans deux assiettes.
Faire réduire le sirop restant dans la casserole jusqu'à ce qu'il épaississe.
Décorer les tartares d'amandes effilées, et d'un trait de sirop de muscat refroidi...
Servir bien frais!
09 août 2008
De Clint Eastwood aux Beaux-Arts, et la salade Grenobloise la meilleure du monde!
J’ai eu l’occasion de constater, au cours de mes deux années à tenir mon affaire, que dans un bar/restaurant ou même un salon de thé, c’est pas comme dans « le bon, la brute et le truand ».
Vous allez me dire : « quel rapport avec un western, elle est folle celle-là ? »
Ben si, y’en a un.
C’est pas que j’accueillais mes clients avec un colt à la main, non, rassurez-vous (je n’ai jamais tué personne même si parfois c’est pas l’envie qui m’en manquait)…
C’est pas non plus les crachoirs dans les coins du commerces. A Zazen, on savait se tenir non mais !
Non, là vous êtes encore froids.
Vous séchez ?
OK.
Dans « le bon, la brute et le truand », Blondin/Clint dit (attention phrase culte) :
« le monde se divise en deux catégories. Ceux qui ont un pistolet chargé et ceux qui creusent. Toi, tu creuses » (trop fort ce Clint).
Bon, ben dans un bar/salon de thé, les clients se divisent en trois catégories.
Donc c’est pas comme dans le bon, la brute et le truand.
CQFD.
Et c’est pas les mêmes catégories que dans le western, hein (je n’avais jamais sur moi de pistolet chargé et de toute façon si quelqu’un s’était approché de mon beau parquet wengé avec une pelle pour creuser je l’aurai foutu à la porte).
C’est systématique, et on ne le constate que lorsqu’on passe du temps dans ce genre d’endroit. Mais quoi qu’il arrive, et quel que soit l’établissement, vous retrouvez à tous les coups ces trois catégories.
Et comme vous êtes des gens biens-comme-il-faut qui ne passez pas votre vie dans les bistrots, vous ne l’avez peut-être pas remarqué.
Heureusement, je suis là pour ça. Merci qui ?
Dans un bar, vous avez les clients de passage, ceux qui s’arrêtent juste de temps en temps, voire une seule fois dans l’année, parce qu’ils ont vraiment soif après leur journée de shopping, ou parce qu’ils ont du temps à perdre en attendant leur car (et qu’il fait froid dehors).
Ces gens là vont vous commander un café, ou une bière, ou un sirop, ou un soda, et aller à une table pour déguster tranquillement leur boisson favorite en feuilletant distraitement un magazine emprunté sur le comptoir (et à disposition de la clientèle).
Ils ne vous parleront pas plus que nécessaire, seront très polis et souriants (la plupart du temps, si vous êtes souriant la première bien sûr), et resteront hyper discrets. Vous ne les reverrez jamais ou alors, jamais avant de nombreuses semaines. Vite fait bien fait. Courtois, efficace et satisfaisant. L’idéal s’il vous reste de la vaisselle du midi à faire ou des comptes à terminer.
La deuxième catégorie, c’est la clientèle la plus importante, les "réguliers". Les gens qui viennent chez vous au moins deux ou trois fois par mois, que vous voyez suffisamment pour les reconnaître et échanger avec eux quelques mots cordiaux sur comment va leur travail, leurs enfants ou leurs animaux de compagnie.
Ils vont rester un peu plus longuement, s’arrêter à l’occasion d’un passage à proximité de votre affaire, parfois rien que pour vous dire un petit bonjour en passant si vraiment vous avez bien accroché avec eux, et oh oui, un café aussi pourquoi pas ?
Ce sont les mamans du samedi qui venaient régulièrement avec leurs poussettes, et dont on finissait par connaître le prénom, ainsi que ceux des bambins adorables qui gazouillaient dans leur cosy acidulés.
Ce sont les messieurs dames du marché qui venaient se reposer un peu après leurs emplettes, autour d’un croissant tout chaud et d’un cappuccino maison, et avec lesquels vous refaites le monde autour du Dauphiné Libéré du jour…
Ce sont les salariés d’à côté qui viennent le midi chez vous pour leur pause déjeuner, histoire de passer un bons moment entre collègues autour de petits plats faits maison, sans façon…
Ce sont les mémés du quartier qui venaient boire leur demis pression au sirop et au soleil, parce que chez vous « c’est propre et on se sent bien, la musique est agréable et le service discret »…
Bref, ce sont les gens que vous finissez par connaître doucement, sans jamais les connaître vraiment, mais dont les visages vous seront familiers au fur et à mesure des semaines qui passent.
Et puis, il y a la troisième catégorie.
Les habitués, les vrais. Les durs, les addicts.
Ceux qui deviennent par la force des choses (et la fréquence de leurs visites) les gens avec qui vous passez le plus de temps dans le journée.
Comme s’ils étaient vos amis, ou de votre famille. Sauf que vous ne les choisissez pas.
Ce sont eux qui vous choisissent.
Ils s’ennuient, ils sont le plus souvent sans travail ou en arrêt maladie.
Ou ils travaillent juste à côté de chez vous et vous apprécient beaucoup (vous ou vos pâtisseries).
L’endroit leur plaît, vous êtes sympa et ils s’entendent bien avec vous.
Ils viennent alors vous voir tous les jours, comme ils iraient voir leur sœur, leur frère ou leur meilleur pote.
Ils ne consomment pas énormément en général (ça coûterait trop cher s’ils consommaient beaucoup, vu qu’ils viennent tous les jours, voire plusieurs heures par jour). Et ils restent systématiquement au comptoir, pour parler de tout et de rien avec vous.
Toute la journée. Du temps, des évènements nationaux, des débats politiques, de leur vie dont vous allez peu à peu faire partie intégrante.
Vous êtes leur repère, leur passe-temps, leur deuxième maison.
Et leur ami. Et parfois, vous le devenez même pour de vrai.
Bien sûr, de temps en temps c’est casse-pieds de devoir toujours répondre présent, d’être à l’écoute même si vous n’avez pas forcément la tête à ça. Mais là, vous ne pouvez pas laisser la porte close et faire semblant de ne pas être là les jours où vous ne voudriez voir personne et rester tranquille. C’est votre travail. Comme les scouts, toujours prêt. A écouter, à recevoir, à discuter.
Vous êtes l’ami qui ne leur fermera jamais sa porte. Ils veulent vous voir ? Ils savent où vous trouver.
Quelquefois, ils viendront avec un petit quelque chose pour vous, une fleur, un petit cadeau, un gâteau à partager.
Et ça vous touchera, et c'est ça qui fait la beauté de ce métier...
Maintenant que je n’ai plus mon Zazen, ce n’est pas pour autant que j’ai déserté le quartier ! Au contraire…
Bien entendu, monsieur-mon-cœur travaillant à côté de mon ex-emplacement, je suis souvent amenée à revenir dans le coin, et à revoir certains de mes ex-clients ou collègues…
Et je suis à mon tour devenue une habituée.
Une cliente addict. Addict du café des Beaux-Arts, situé à quelques pas de mon ancien local.
« Le café des Beaux-arts »
11, Boulevard Agutte Sembat
38000 Grenoble
Certes, la personnalité chaleureuse et enjouée des propriétaires y a été pour beaucoup. On s’y sent bien, on y revient, je n’avais pas envie de les perdre de vue, ça c’est sûr !
Toujours prêts à rendre service, honnêtes et bosseurs comme j’ai rarement connu, le café des Beaux-Arts a notamment été notre repère, à Franck et à moi, pendant notre déménagement.
Un endroit où souffler un peu, où se plaindre des travaux qui n’avançaient pas, de la fatigue qui s’accumulait. Carlos et Michel ont été, à leur tour, les oreilles attentives et toujours prêtes à écouter nos états d’âmes.
C’est bien simple, je ne les ai jamais vu être de mauvaise humeur ! On passe toujours de bons moments, on oublie le quotidien tout gris et on se paye une bonne tranche de rigolade franchouillarde et libératrice.
Combien de fois, alors que ma cuisine était encore toute poussiéreuse, j’ai apprécié la bonne popotte toute simple mais succulente de Carlos, qui nous emmène systématiquement des assiettes aussi grosses que les nénés de Lolo Ferrari ?
Franck se dirige souvent vers le plat du jour ou vers les assiettes d’entrecôte/frites si chers aux mecs, aux vrais (du bœuf, des patates)…
Moi, je craque à chaque fois pour les salades (énormes !) que je n’arrive jamais à terminer tellement y’en a (enfin, parfois la gourmandise l’emporte quand même !) ;-)
Elles sont belles, elles sont encore meilleures en vrai. Les meilleures salades de la ville.
Ma préférée ? La salade Grenobloise !
Comment ça, je suis chauvine ?
Merci Carlos !
Salade Grenobloise façon Carlos
Quelques belles feuilles de chêne (la salade, hein, pas des vrais feuilles de vrai chêne !)
Deux grosses tomates
½ oignon rouge coupé en fines rondelles ou lamelles
Deux grosses poignées de noix de Grenoble
1 boule de mozzarella
Quelques dés d’emmental
½ concombre coupé en rondelles fines
2 œufs durs
Pour la sauce façon grenobloise:
Ecraser 2 portions de fromage bleu type bleu de Sassenage ou Roquefort à la fourchette dans un bol.
Ajouter deux-trois cuillères à soupe d’huile de noix et deux-trois cuillères à soupe d’huile neutre type pépins de raisin. Bien mélanger pour obtenir une consistance pâteuse.
Ajouter trois bonnes cuillères à soupe de vinaigre balsamique, ½ gousse d’ail hachée, du sel et du poivre.
Remuer pour que la consistance devienne crémeuse, comme une sauce moutarde.
Recouvrir la salade de cette sauce au bleu et saupoudrer de basilic haché.







































































































